À propos
À propos
Qui suis-je ?
Je m’appelle Aïssa.
Fondatrice de Studio Tangelo, studio hybride entre développement produit durable et design textile.
Ingénieure de formation, MBA à l’IFM, 15 ans entre grands groupes du luxe, de la beauté et jeunes marques de mode créatives. Franco-nigérienne aussi. Et longtemps persuadée qu’il fallait choisir entre créativité et pragmatisme.
J’ai passé 10 ans en cabinets de conseil spécialisés en RSE.
Puis, en 2017, un séjour au Niger fait bouger quelque chose.
Je découvre des savoir-faire et des objets extraordinaires que presque personne ne regarde. Une créativité invisible, absente des récits dominants.
Quelques années plus tard, je cofonde Esthet Studio, une marque développée entre la France et le Bénin. C’est là que les contradictions deviennent concrètes.
Dans un atelier fournisseur au Portugal, on tombe avec ma partenaire sur un tissu magnifique : tombé parfait, texture incroyable, fibre naturelle. Puis la composition : mélangé à de l’élastane. Le “hiiic” !
À ce moment, tout était là : le désir, la création, la “contrainte”, l’impact, les arbitrages invisibles derrière chaque produit.
J’ai compris que mon travail n’était pas de choisir entre créativité et durabilité.
Mais de tenir les deux ensemble.

Manifeste
Si on fait un bout de chemin ensemble, voici ce qu’il faut savoir de moi. Pas toutes les lignes de mon CV, mais plutôt mes convictions, celles qui structurent mes accompagnements.
Avec le temps, les missions menées, les marques accompagnées, les arbitrages vus de l’intérieur, la co-création d’une marque entre France et Bénin; j’ai compris que je portais quelque chose de plus profond qu’une méthode. Je crois au design durable et émotionnel des produits.
Première conviction : On ne garde pas ce qu’on ne comprend pas.
C’est vrai pour vos clientes face à vos produits, et c’est vrai pour vous face à vos propres choix de matière, de sourcing ou de motif.
En travaillant sur des collections de l’intérieur, de la fiche technique jusqu’au rapport ESG, j’ai vu le même mécanisme se répéter. Ce qu’on ne comprend pas, on finit par le simplifier, puis, à force de le simplifier, par le déformer. Et ce qui est déformé est presque toujours mal conçu, mal prouvé ou mal raconté.
Et c’est pareil pour le consommateur, un.e client.e qui sait comment sa pièce a été fabriquée, pourquoi on a choisi cette matière, ce que raconte ce motif, ne la garde pas seulement plus longtemps : elle sait l’expliquer, elle s’y attache et elle finit par la transmettre.
La conformité reste un minimum nécessaire, mais elle n’a jamais donné à personne l’envie de garder un vêtement. La durabilité commence plus tôt, au moment où un produit a une vraie raison d’exister et où cette raison est assez claire pour être partagée.
C’est pour ça que je considère la clarté comme le premier geste durable.
Deuxième conviction : les produits racontent toujours une vision du monde.
Qu’on le veuille ou non, un produit transmet une culture, un lieu, une manière de regarder les choses. À travers lui, on dit ce qu’on valorise et ce qu’on laisse dans l’ombre : qui a le droit de créer, quelles cultures comptent, quels récits deviennent désirables et lesquels restent à la marge.
Nous créons dans un monde fait d’allers-retours, où les métissages culturels, géographiques et ceux des savoir-faire textiles nourrissent une grande partie de ce que nous portons. Pourtant, ils sont encore rarement reconnus pour ce qu’ils sont, et trop souvent empruntés sans être nommés.
La mode a les moyens de changer cela, à condition de décider consciemment de ce qu’on y met et de qui l’on reconnaît en le faisant.
Le motif est l’endroit où cette décision se voit le plus. C’est souvent lui qu’on remarque en premier et dont on se souvient le plus longtemps, parce qu’il porte une origine, une technique, une mémoire, et c’est souvent par lui que l’attachement à un produit commence. C’est ce terrain que j’explore dans mes créations.
Choisir un motif, c’est choisir quelle histoire mérite d’être gardée.
Troisième conviction : je crois à la nuance.
La durabilité fait partie de ces sujets qui nécessitent de résister aux réponses toutes faites. Dans un monde complexe, on a tendance à vouloir obtenir des certitudes, aller vite, trouver la solution qui fonctionne et l’appliquer partout, sans prendre le temps de regarder d’où vient le problème.
Or, dans une collection, les vrais choix se font rarement entre une bonne et une mauvaise option. Ils se font entre un coût, une intention de design, une contrainte fournisseur et une exigence de preuve, et chaque décision en déplace une autre. Une matière plus vertueuse peut fragiliser une marge. Relocaliser une production peut faire perdre un savoir-faire qui n’existe qu’ailleurs. C’est dans ces arbitrages que la durabilité se joue, bien plus que dans les grands principes.
C’est pour cela que je ne la considère pas comme un objectif en soi, mais comme la conséquence de décisions mieux comprises, mieux pesées et pleinement assumées.
Ce que je ne ferai jamais, c’est vous proposer une réponse simple à un problème qui ne l’est pas, contourner les arbitrages que vos équipes affrontent chaque jour, ou réduire votre héritage à une case pour qu’il entre plus facilement dans un rapport.
La nuance n’est pas une hésitation. C’est une manière de décider.